Salut Léon (Ève Déziel, Jacques Michel)
 

C
            Em                     Am
Salut Léon, c'est moé André
                    G                                C
J'ai des mauvaises nouvelles pour toé
                    Em                     Am
Attends-moé pas pour le hockey
                    G                                    C
J' s'rai pas à taverne, compte pas su moé
                    Em                             Am
Ben oui je l' sais qu'y viennent d'avoir
                    G                       C
Un grand écran géant d' six pieds
                        Em        Am
Pis qu' c'est les éliminatoires
                              G                               C
Mais à soir j' me crisse d' la coupe Stanley
 

Écoute Léon, garde ça pour toé
Mais ma femme vient d' sacrer son camp
A m'a laissé les quatre enfants
Une vraie pas de coeur c'est écoeurant
Mais va pas croire que j'ai d' la peine
Non... si j'appelle c'est pour te dire
Qu'à soir j'aimerais ben ça sortir
Mais que j' peux pas - j'ai pas d' gardienne

Tout c' qu'une femme veut moé j'y ai donné
Laveuse, sécheuse, pis une belle télé
J' me suis saigné pour y payer
Un manteau neuf à chaque année
A m' disait «Eh! qu' tu m' comprends pas,
J'ai pas besoin d' ces affaires-là»
Y aurait fallu qu' j'y envoie des fleurs
Pis des «Je t'aime» à toué quarts d'heure

Écoute Léon, t'avais raison
Quand tu m' disais «T'es trop mouton»
J'aurais mieux fait d' suivre tes conseils
C'est vrai qu' les femmes sont toutes pareilles
Ben oui je l' sais, tu m' l'avais dit
«André, ta femme est trop gâtée
Tu donnes un pouce a veut un pied
Un jour ça te r'tombera su' l' nez»

Rien que pour te dire, Noël passé
J'y ai donné un beau cent piasses rond
En lui disant «Tiens, va t'acheter
Tout ce que tu veux pour la maison»
A m'a r'gardé, a dit «André,
Sais-tu c' que moé j'aurais aimé
C't un vrai cadeau ben enveloppé»
Maudit, qu' les femmes sont donc bébé

A s'est plaint qu' j' la sortais jamais
Qu'on f'sait toujours rien qu' c' que j'aimais
Pourtant tous les dimanches midi
J' l'amenais manger chez Da Giovanni
Tu passes dix ans à faire plaisir
Pis ta femme finit par te dire
Qu'un autre aurait pas pu faire pire
J' te dis, Léon, y a pas d' quoi rire

A rajouté «Moé, j' pas obligée
De torcher même si j' t'ai marié
Faire ton lavage, faire ton r'passage
Comme si j'étais ton employée
Tu t'es toujours imaginé
Que j'étais ta propriété
Moé j'en ai plusse que mon voyage
Moé j' démissionne, moé j' déménage»

Avant d' partir a m'a crié
«C'est ben d' ta faute si ça a floppé
Avant, j' t'aimais pour c' que t'étais
Là j' t'haïs pour c' que t'as fait d' moé»
Ben c'est pas moé qui l'a fuckée
C'est pas d'aut' chose que la télé
Toutes les bonnes femmes lâchent leur mari
Dès qu'elles écoutent «Femmes d'aujourd'hui»

Penses-tu, Léon, qu'a va r'venir
Penses-tu qu'est partie pour de bon
Qu'a va finir pas se r'saisir
Qu'a va r'gretter sa décision
Non, va pas croire que j'ai d' la peine
Si j' te dis j'aimerais ça qu'a r'vienne
C'est qu' les enfants trouvent le temps long
Quand y a pu d' femme à la maison

Oui, les enfants trouvent le temps long
Quand y a pu d' femme à la maison
 

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